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Quelques personnages de la Mythologie Basque

Quelques personnages de la Mythologie Basque

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Christianisés très tardivement, les Basques adoraient les forces naturelles comme le Soleil, la Lune, l’air, l’eau. Les montagnes, les forêts prennent des formes humaines.
Deux forces dominaient la nature et conditionnaient la vies des hommes: le Soleil «Egu» ou «Ekhi» qui chassait les forces des ténèbres (la croix basque serait un symbole solaire) et la Lune, «Hil» ou «Ilargia», qui surgit du monde occulte, de l’obscurité et de la mort et qui est souvent représentée avec une hache et les instruments de la fileuse.
Mais le Soleil et la Lune sont les deux enfants du personnage principal de la mythologie basque : Mari, divinité féminine, qui est «la Nature». La religion chrétienne l’a d’abord rejetée ; ensuite elle fut confondue puis assimilée à la Vierge Marie lors de la christianisation.
Des êtres intermédiaires entre hommes et dieux, les «Basajaunak», velus et terriblement forts, sont des génies bénéfiques qui protègent les troupeaux et détiennent les secrets de l’agriculture.
Les «Laminak»;, ont de bons rapports avec les mortels et les aident souvent en échange d’une récompense à bâtir rapidement un édifice.

MARI

MARI est une divinité féminine qui est considérée comme le chef ou la reine de toutes les divinités qui peuplent le monde. Mari se représente de nombreuses fois sous forme d’une dame vêtue de façon élégante ; elle apparaît dans certains récits portant dans ses mains un palais en or. D’autres disent l’avoir vue sous forme d’une femme jetant des flammes.

SUGAAR, « serpent mâle », HERENSUGUE

Dans certaines régions du Pays Basque, on dit que Sugaar traverse fréquemment le firmament sous la forme d’une faucille ou d’une demi-lune de flammes, son passage est un présage de quelque tempête. Ailleurs, on dit qu’il se manifeste sous forme de feu, et qu’on ne lui voit ni la tête, ni la queue. Il est rapide comme l’éclair. Les gens disent que c’est un démon.

On pense qu’il habite des régions souterraines. Il en sort par diverses grottes pour revenir en surface. Comme d’autres génies, SUGAAR punit la désobéissance envers les parents. Dans d’autres régions, on appelle cet être surnaturel MAJU qui est l’époux de MARI. On raconte qu’il la rejoint tous les vendredis pour s’unir à elle ou alors pour la peigner ces soirées-là.

MIKELATS et ATARRABI

Mikelats et Atarrabi sont les fils de Mari. Mikelats est un être maléfique, son frère aîné, Atarrabi, est son signe contraire et incarne le symbole du bien moral.

BASAJAUN, « le seigneur de la forêt »

Beaucoup de gens admettent que l’on désigne ainsi un génie, qui, dans de nombreux cas, habite au plus profond des bois et d’autres fois, dans des cavernes situées en des lieux élevés. Il a un grand corps de forme humaine, couvert de poils. sa longue chevelure tombe devant jusqu’aux genoux ; elle lui cache le visage, la poitrine ainsi que le ventre. Un de ses pieds est comme celui des humains, l’autre a une forme circulaire.

LAMINAK

Dans la plupart de mythes se référant aux Laminak, ces derniers sont dépeints sous la forme d’un génie d’aspect humain mais qui aurait les pieds comme des pattes de poule, de canard, de chèvre ou autre. La plus grande partie des légendes qui les mettent en scène précisent qu’ils sont de sexe femelle. En Soule, on dit que selon leur sexe, leur nom est Lamina (femelle) ou Maide (mâle). Lamin se rapporte rarement à un génie spécifique mais désigne, dans la plupart des cas, tous les êtres qui vivent dans les grottes, les lits des rivières, les puits ou les châteaux abandonnés. Les Laminak s’occupent essentiellement en faisant la lessive ou en se coiffant avec un peigne qui leur est souvent volé et qu’elles réclament avec forces menaces.

ZAN PANZAR

C’est un personnage grotesque en général représenté sous les traits d’un pantin que les jeunes promènent sur la place du village le mercredi des cendres ; c’est là qu’ils le brûlent. A Sare, Zan Panzar est un mannequin de paille fabriqué par les jeunes le soir du mercredi des Cendres. Ils le promènent dans une charrette à travers les quartiers du village, comme s’il s’agissait d’un convoi funèbre où le mort serait Zan Panzar. Quelques jeunes figurent le deuil et les autres vont de chaque côté de la route tenant des chandelles de résine allumées. Arrivés à la place du village, ils brûlent le pantin. Dans certains villages, Zan Panzar représente un personnage de mauvaise conduite que les jeunes jugent et finissent par condamner pour ses vices et pour son langage blasphématoire.

OLENTZARO

Ce nom présente des variantes dans de nombreux endroits du pays : Olentzaro, Olentzero, Orentzaro, Onentzaro, … D’après l’historien Isasti de Lezo, au XVIIème siècle on désignait par Onenzaro la nuit de Noël. Olentzaro est une époque de l’année. Cependant, dans certains villages, on présente Olentzaro sous les traits d’un personnage un peu grotesque qui fait son apparition la Nuit de Noël. Ailleurs, on dit que c’est un charbonnier qui vit avec sa femme. C’est un individu sale, noir ; il a une grosse tête, il est glouton, ivrogne, sot, sale, il fume la pipe et tient une hache ou une faucille à la main. Il descend dans les maisons par la cheminée mais ne distribue pas de cadeaux ; au contraire, on éloigne les enfants pour qui il n’est pas un bon exemple.

EIZTARIA

C’est la légende du chasseur, qui, en punition de sa passion démesurée, a été contraint à courir sans trêve, montagnes, vallées et plateaux, en compagnie de ses chiens. Personne ne l’a jamais vu, mais nombreux sont ceux qui assurent avoir entendu dans nos forêts et montagnes son sifflement accompagné du hurlement triste et monotone de ses chiens. D’après certains récits, une tempête s’installe pour 15 jours, suite à la nuit au cours de laquelle se sont fait entendre les sifflements du chasseur et les aboiements de ses bêtes.