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Carnaval de Lantz

Carnaval de Lantz

lantz

Le carnaval de Lantz n’a pas de date précise, il se célèbre toujours le mardi, veille du mercredi des cendres, 40 jours avant le dimanche des rameaux (le dimanche précédant la semaine sainte). Le carnaval “txiki” se célèbre le dimanche. Le carnaval à proprement dit se célèbre le lundi et le mardi. Le mardi étant le jour principal.

Programme :
• Dimanche “txiki” :
13:00 : préparation de Ziripot et déguisement
13:30 : sortie “kalejira” (défilé)
18:30 : préparation de Ziripot et déguisement
19:00 : sortie “kalejira” (défilé) – éxécution et mise au bûché
• Lundi :
10:00 : petit déjeuner dans l’auberge
13:00 : danse de Zorziko dans le couloir de l’auberge
13:30 : préparation de Ziripot et déguisement dans le grenier de l’auberge
14:00 : sortie de la cavalcade (danse de Zorziko au fronton du village)
• Mardi, le grand jour :
10:00 : petit déjeuner dans l’auberge
13:00 : danse de Zorziko dans le couloir de l’auberge
13:30 : préparation de Ziripot et déguisement
14:00 : sortie de la cavalcade (danse de Zorziko au fronton du village)
15:00 : déjeuner à l’auberge
18:00 : danse de Zorziko dans le couloir de l’auberge
19:30 : préparation de Ziripot et déguisement
20:00 : sortie de la cavalcade, éxécution et mise au bûché de Miel-Otxin au fronton

Légende
La légende du carnaval de Lantz et de Miel-Otxin s’est transmise de père en fils oralement et au travers de contes.
Le village de Lantz était une étape sur le chemin de la France, la prolifération de bandits était importante. Le bandit Miel-Otxin était le pire de tous. Les voisins du village, fatigués par ses exactions, décidèrent de le capturer. Ils se réunirent dans l’auberge et mirent au point une stratégie pour le capturer. Le voisin le plus fort (qui devait avoir une forte corpulence) fut désigné pour maîtriser le bandit une fois capturé (c’est le Ziripot). Ils décidèrent également d’y aller déguisé avec les visages couverts de peur des représailles du bandit en cas d’échec de sa capture. Miel Otxin possédait un cheval très fidèle (Zaldiko), qui d’abord qui tente d’empêcher la capture de son maître puis qui tente de le libérer.
Quand ils capturèrent Miel-Otxin, ils le transportèrent au village afin de le juger et le condamner à mort, ils lui firent faire un tour des rues du village pour que les villageois puissent se moquer de lui et le ridiculiser. Sur ce parcours, à la sortie du village, on retrouve Zaldiko qui se fait soumettre et dompter. Quand ils revinrent sur la place centrale du village, les villageois l’éxécutèrent, le brûlèrent et dansèrent autour du feu pour célébrer leur victoire.

Les personnages
• Miel-Otxin : Personnage principal du carnaval de Lantz, représente le bandit, capturé etéxécuté. Personnage de grande taille, qui mesure plus de 3 mètres de haut. Il est constitué d’une structure en bois habillé d’herbes sèches qui pèsent environ 35kg.

• Ziripot : Ce personnage représente le voisin le plus fort, chargé de maîtriser le bandit une fois capturé. Ce personnage est constitué de sacs de toile de jute rempli de fougères. Il est corpulent, ce qui limite ses mouvements et lui fait avoir une démarche maladroite. Il s’aide pour se déplacer d’un bâton. Il se fait continuellement harceler par Zaldiko.

• Zaldiko : Ce personnage représente un voisin couvert d’un sac dans une structure rectangulaire en bois avec une planche en forme de U qui représente la tête et une vraie queue de cheval. Zaldiko est la monture de Miel-Otxin et c’est la raison pour laquelle il est en guerre contre Ziripot pour sauver son maître et qui cherche à faire tomber Ziripot chaque fois qu’il en a l’occasion.

• Txatxus : La plupart des voisins se déguisent en Txatxus. ils représentent les voisins qui capturèrent Miel-Otxin. Ils sont déguisé avec des cordes chatoyantes, de toutes les couleurs et plein de motifs. Ils portent également des pis, des bonnets et des cagoules. Armés de balais, ils courent et sautent, poussent des cris stridents qu’ils accompagnent de coups de balai. Dans les années 40 et 50, les déguisements des Txatxus étaient plus simple, moins colorés, avec des sacs et quelque chose qui ressemblait à un bonnet.

• Herrero : La plupart du temps, ils sont 8 à 12 personnages. Ils représentent les forgerons du village. Ils sont chargés de ferrer Zaldiko. Ils déhambulent déguisés avec des tentures de toile de jute armé de fourche et de manches à balai, portant des corbeilles. Ils portent tous types d’outils de forgeron. Les Herreros se déplacent lentement et de façon lourde ce qui en fait des personnages sinistres et ténébreux. Ils se déplacent avec un chaudron contenant le feu dans lequel se trouve les fers à chevaux destinés à Zaldiko.

Cavalcade – Kalejira
La cavalcade se répète les trois jours du carnaval (txiki, lundi et mardi). Parfois l’après midi pour Txiki ou la nuit du mardi, le circuit est toujours le même de Txiki à mardi. Cinq minutes avant leur sortie des figurants de la cavalcade de l’auberge, les Herreros sortent de la maison voisine (Arginenea) parcourent le chemin vers l’église par la rue Santa Cruz. Quand ils arrivet au niveau de la maison Arozenea (maison du forgeron), ils attendent d’être rejoint par le reste des Herreros pour ferrer Zaldiko. Les figurants sortent de l’auberge en descendant la rue Santa Cruz. Après que Zaldiko ai été ferré, les figurants continuent la cavalcade par la rue San José. Pendnat que les Herreros remontent la rue Santa Cruz jusqu’à l’autre extrémité. Au niveau dela maison Karaikoetxea, ils ferrent Zaldiko. Ensuite ils descendent la rue Santa Cruz jusqu’à l’auberge où ils tournent vers le fronton. C’est la que ce danse le Zorziko. Ceci est le parcours habituel, sauf le dimanche après midi et le mardi en soirée comme nous l’avons indiqué précédemment. Pour ces deux occasions, ils rajoutent un tronçon au parcours habituel. Au lieu de tourner en direction du fronton devant l’auberge, ils continuent dans la rue Santa Cruz jusqu’au niveau de la ruelle de la maison Goltxipenea, où ils tournent pour continuer par la rue San José jusqu’au fronton. C’est en ce lieu et à ce moment, que se fait exécuter le bandit et qu’il est mis au bûché tout en dansant autour.

Histoire
Nous n’avons pas beaucoup de trace pouvant nous permettrent d’identifier à partir de quand ce carnaval a été célébré. Les études les plus récentes nous rapportent des interdictions gouvernementales pour réaliser cette fête. Nous retrouvons un litige juridique oposant les jeunes du village et la mairie du village au sujet de la musique de carnaval qui voulaient remplacer le txistu par la gaita. Cette dénonciation date de 1911 et fut résolu en 1915. Nous retrouvons également des arrétés d’interdiction des années 1929, 1938 et 1942. L’arrété de 1944 stipule que “il n’y pas de raison de lever l’interdiction… et donc l’interdiction de faire quelque fête que ce soit qui se manifeste en extérieur du dimanche de Sexagésima au premier de Cuaresma. Le maire de Lantza, 19 février de 1944, Dioniso Ciganda”.
Cette année, sans respecter cet arrété, le carnaval fut réalisé duquel nous avons pu retrouver des traces écrites et graphiques dans la revue “Principe de Viana”. Les ainés Uranga, Iribarren et en plus les Baleztenas, utilisèrent leur influence pour le conserver. Avant cette date, nous retrouvons une reconstitution qui avait pour seul objectif de documenter ce carnaval mais en aucun cas pour le refaire vivre, d’où l’interdit municipal de l’année suivante. Dans ce document Iribarren, nous relate que le carnaval se réalisait d’une manière très similaire à ce qui se fait à son époque, et que parmis les figurants il y avait deux jeunes déguisés en femme habillés avec des robes blanches. Se déplaçant de manière très sérieuse, respecté par tous les Txatxos et lisant leur livre. Par cette attitude de pénitence et leur silence, ils représentaient les proches du géant qui l’accompagnaient au supplice. Ces femmes, à leur arrivée sur la place, jouaient la douleur. Anciennement, la mort du géant faisait l’objet de gesticulations irréverencieuses. Il y avait un simulacre de confession de Miel-Otxin, les femmes faisaient figure de lui lire la Passion, et les Txatxus se jettaient au sol simulant de pleurs pour sa mort.

En 1964, Julio Caro Baroja, réalisa un documentaire “4 estaciones” dans lequel il filma le carnaval de Lantz. Avec ce film et l’étude réalisée, ce carnaval s’est fait connaitre. Grâce à la publicité que cela a fait, ce carnaval s’est développé de belle manière.
Selon les récits de Baroja, les changements apportés dans les représentations “à l’arrivée au fronton, Miel-Otxin était jugé. Un personnage masqué tenant un grand livre faisait semblant de lui lire la sentence, l’accusant de différents délits, auxquels ls autres personnages acquiésaient. Un autre personnage masqué, vétu d’une grande cape du genre de celle que portaient les anciens conseillers municipaux et qui condamnaient le bandit Miel-Otxin ». Ceci semble être une marque d’irrévérence datant d’avant 1936 et qui a été supprimé du carnaval.
Le carnaval Txiki, avait lieu le dimanche avant celui qui est fêté aujourd’hui. Ce changement a été fait dans les années 80.

Le carnaval, avec plus ou moins de participation à toujours été célébré, peut être que parfois les jeunes n’ont pas pu se déguiser à cause des interdictions, mais les dîners et les danses étaient effectuées. Pendant les années de guerre, il ya eu des problèmes car 50 jeunes avaient été appelés au front. Actuellement, le carnval de Lantz est un des carnvals les plus populaires et importants de Navarre et a été déclaré “bien d’intêret culturel et touristique”.